Qu’est-ce qu’un quinquado ? Un terme qui pique la curiosité
Le mot peut dérouter au premier abord : « quinquado », contraction de quinquagénaire et d’ado. Une manière un peu taquine de désigner des femmes (et hommes aussi, mais nous allons rester entre nous, entre femmes) de 50 ans et plus qui adoptent une attitude, un style de vie ou une apparence que certains qualifieraient de « jeunesse revendiquée ».
Mais au fond, qu’y a-t-il de mal à refuser de s’encroûter dans une image ringarde de la cinquantaine ? À vivre avec légèreté, énergie et style ? Spoiler alert : rien. Bien au contraire, il s’agit de prendre la vie à bras-le-corps, en beauté et en liberté. Et si le mot fait sourire, l’attitude derrière est tout ce qu’il y a de plus inspirant.
Pourquoi ce mot nous dérange parfois (et pourquoi on devrait l’assumer)
Le terme « quinquado » peut heurter certaines. Il y a une connotation de « crise », un soupçon de jugement implicite : comme si vouloir rester vive, curieuse, stylée, active à 50 ans passé relevait du caprice d’ado attardée. Et si c’était juste un choix de vie ?
Assumer d’être une quinquado, ce n’est pas “avoir peur de vieillir”. C’est au contraire affirmer que chaque âge a sa vibration, et que celle de la cinquantaine peut très bien rimer avec énergie, découvertes, looks assumés et projets audacieux.
Car spoiler numéro deux : 50 ans aujourd’hui, ce n’est pas 50 ans il y a 30 ans. Les femmes prennent soin d’elles, s’épanouissent professionnellement, voyagent seules ou en tribu, lancent leur business ou reprennent des études. Bref, elles vivent.
La vie ne s’arrête pas à 50 ans, elle change de tempo
À 25 ans, on court, on expérimente, souvent sans bien savoir où l’on va. À 35 ans, on construit, parfois à toute vitesse. Et à 50 ans, on affine. On connaît ses goûts, ses limites, ce qu’on ne veut plus. Et franchement, ça fait un bien fou.
Être quinquado, c’est :
- Oser danser sans arrière-pensée à une fête d’anniversaire (oui, même en baskets fluo !)
- Partir seule en city trip à Lisbonne parce qu’on l’a toujours rêvé
- Assumer ses cheveux gris… ou aller chez le coiffeur faire un rose pastel parce que “et pourquoi pas !”
- Reprendre le yoga, le chant ou même le théâtre – simplement parce que ça nous rend vivantes
Ce n’est pas qu’on veut rajeunir. C’est qu’on a décidé de continuer à rayonner, avec ses propres codes. Et souvent, ils ne ressemblent à ceux de personne d’autre.
Les injonctions autour de la cinquantaine : on en parle ?
Si on écoute les discours ambiants, à 50 ans, une femme devrait :
- Se faire discrète
- Se contenter de la routine
- Porter des couleurs neutres (et éviter le cuir, apparemment…)
- Avoir « fait le tour » (de sa carrière, de sa vie en général)
Spoiler numéro trois : merci, mais non merci.
Il est temps de déconstruire toutes ces injonctions. Parce que non, une femme qui s’habille jeune, qui ose dire qu’elle a des rêves à 55 ans, qui se sent sexy, qui tombe amoureuse ou qui commence un nouveau projet professionnel, ce n’est pas « bizarre » ni « caricatural ». C’est une femme vivante.
Et ce regard sociétal, souvent encore trop figé, mérite d’évoluer. Le plus beau, c’est qu’il commence toujours par un pas : le nôtre. À faire ce qu’on aime, à se libérer du « qu’en dira-t-on », et à oser être pleinement soi.
Comment vivre pleinement cette période de sa vie ?
Il y a mille et une façons d’embrasser la cinquantaine avec panache. Et non, il ne s’agit pas de courir après sa jeunesse, mais de nourrir sa joie de vivre. Voici quelques pistes testées, approuvées, et parfois même adoptées avec enthousiasme par votre humble autrice (Lola, 48 ans, team “converses-et-rouge-à-lèvres”) :
S’écouter (vraiment)
Après 25 ans à courir pour les autres – les enfants, le boulot, les attentes sociales – c’est peut-être le moment de se reconnecter à soi. Que voulez-vous vraiment ? Quels petits plaisirs vous font vibrer ? Qui avez-vous envie de devenir pour vous-mêmes ? Ce ne sont pas des questions existentielles, ce sont des clés précieuses du quotidien.
Prendre soin de son corps, sans se tyranniser
On ne va pas se mentir : le corps change avec l’âge. Mais ce n’est pas une tragédie, c’est une évolution. Plutôt que de le maltraiter en rêvant d’un 38 impalpable, autant apprendre à l’écouter. Une alimentation plus intuitive, des mouvements choisis (pilates, natation, danse), un bon sommeil… Ce n’est pas une recette miracle, mais un cercle vertueux. Et ça se sent aussi dans notre humeur.
Sortir de la routine
Un week-end impromptu, une sortie entre filles, un atelier de peinture, un massage ayurvédique… Parfois, casser le rythme apporte un vrai vent frais dans notre quotidien. On vit trop souvent en pilote automatique. Se faire plaisir en sortant de la zone de confort, même un peu, c’est s’offrir une parenthèse de liberté – et ça fait du bien, à tout âge.
Soigner son style (même pour aller chercher le pain, oui oui !)
La mode n’a pas d’âge. Une robe bohème, un jean bien coupé, une paire de bottines colorées : l’important, c’est que vous vous sentiez bien. Inutile de chercher à faire “jeune” – mieux vaut être audacieuse, drôle, créative, ou simplement à son image. Le style, ce n’est pas la conformité : c’est la personnalité qui s’exprime.
Petit florilège de quinquados inspirantes
Parce que rien ne vaut les exemples concrets, voici quelques figures qui (in)volontairement, redessinent les contours de la cinquantaine avec éclat :
- Jodie Foster : Actrice et réalisatrice, elle ne se conforme à aucune attente, et c’est ce qui la rend prodigieusement fascinante.
- Carine Roitfeld : Ex-rédactrice en chef de Vogue Paris, toujours effervescente, stylée et libre.
- Jane Fonda : Militante, sportive, rayonnante à plus de 80 ans – elle a tout d’une grande sœur quinquado en version deluxe.
Et surtout, rendons hommage à toutes les femmes “anonymes” qui inspirent autour de nous : une collègue qui reprend des études, une amie qui se lance en freelance, une sœur qui se met à la capoeira… Ces modèles de vie bien réels sont les plus précieux, et souvent les plus accessibles.
Le regard des autres ? Il changera quand nous cesserons d’y accorder tant de crédit
Je ne compte plus les fois où une amie m’a dit : “J’adorerais m’habiller comme ça… mais j’oserais jamais”, ou “Je me sentirais ridicule à 52 ans avec ce sac à dos fluo”. À chaque fois, ma réponse est la même : et alors ? Qu’est-ce que tu risques vraiment ? Le regard d’un inconnu dans le métro ? Un commentaire discret de belle-maman ?
Plus on prend confiance, plus ces détails s’effacent. Et au fond, ils n’étaient jamais si importants.
Et les hommes dans tout ça ?
Ici, sur Madame et Mademoiselle, on parle surtout de nous, les femmes. Mais il faut bien le reconnaître : notre évolution, notre joie, notre assurance rayonnent et interpellent aussi ceux qui nous entourent. Un compagnon, un frère, un collègue… Tous peuvent être touchés (et inspirés) par une femme qui assume pleinement qui elle est, sans chercher à correspondre aux cases. Et ça, c’est un vrai pouvoir doux.
Un mot d’ordre : liberté
Être quinquado, ce n’est pas un phénomène de mode, c’est un état d’esprit. Celui de dire : ma vie m’appartient. Mes envies ne sont pas à dicter. Mes choix sont les miens. Mon rire, mes rides, mes rêves – tout est là, vibrant, riche, vivant.
Et vous, où en êtes-vous dans ce voyage vers vous-même ? La quinquado qui sommeille en vous n’attend peut-être qu’un déclic. Une petite audace du jour. Un affranchissement léger. Une célébration sensible. Une claquette en été, et un rouge à lèvres fuchsia en hiver.
L’essentiel étant toujours : faire ce qui vous ressemble, vous élève, vous émancipe. Parce qu’à 50, 55, 60 ou plus, il n’y a pas de pause. Il n’y a que des possibles.