Comment oublier le passé : techniques douces pour se libérerComment oublier le passé : techniques douces pour se libérer

Pourquoi tourner la page est parfois si difficile

On l’a toutes vécu. Ce moment où, malgré les années, notre cœur se serre à la simple évocation d’un souvenir. Un ex qui n’a jamais vraiment quitté nos pensées, une trahison qui nous hante, une erreur de jugement qu’on se repasse en boucle… Le passé a parfois cette vilaine tendance à s’inviter quand on s’y attend le moins. Pourtant, avancer, se libérer, ce n’est pas oublier en soi, c’est transformer.

Et non, ce n’est pas une formule magique. C’est un chemin. Un chemin doux, personnel, où chaque étape permet de poser un peu de légèreté sur nos valises émotionnelles.

Accepter sans minimiser: la première étape

Un des plus grands pièges quand on veut “oublier”, c’est de faire comme si de rien n’était. Mettre un couvercle sur ses émotions, c’est comme planquer un tupperware moisi tout au fond du frigo… À un moment, ça finit par sentir.

Accepter, c’est poser un regard honnête sur ce qu’il s’est passé. Pas pour ruminer. Pour déposer. Se dire “Oui, j’ai souffert, oui, ça a compté, mais aujourd’hui, je mérite la paix.”

Un petit rituel personnel peut d’ailleurs énormément aider. J’avais une lectrice, Camille, qui, après une rupture difficile, écrivait chaque jour ce qu’elle ressentait dans un carnet, qu’elle a fini par brûler (carnet fermé bien sûr !). Un acte symbolique fort, qui marque une volonté : celle de laisser partir.

Utiliser le corps pour libérer l’esprit

On sous-estime souvent à quel point notre corps garde des traces de nos expériences. Maux de dos, fatigue chronique, migraines… Et si notre passé s’exprimait aussi comme ça ?

Les pratiques corporelles douces peuvent soutenir ce travail intérieur. Voici quelques pistes que j’ai moi-même testées (et approuvées !) :

  • Le yoga : Pas pour devenir souple comme une gymnaste, mais pour habiter son corps à nouveau. Certaines postures d’ouverture (cœur et hanches notamment) libèrent beaucoup d’émotions enfouies.
  • Le yoga nidra : Une forme de méditation guidée allongée, parfaite pour relâcher les tensions et reprogrammer doucement notre esprit.
  • La marche consciente : Marcher sans objectif, juste ressentir ses pas, le vent, les odeurs. C’est simple et ça apaise les pensées en boucle.

Souviens-toi que ton corps est ton allié, pas un simple véhicule. Plus tu l’écoutes, mieux il t’aide à avancer.

Apprendre à vivre dans le présent (même un jour de pluie)

Le passé a ce génie pour s’incruster dans notre présent. On croit vivre l’instant, mais nos pensées sont ailleurs. Un parfum dans la rue, une chanson à la radio, et hop : retour en 2012, les larmes en packaging gratuit.

Pas de panique. Ce n’est pas un échec. C’est humain. Mais il existe des outils concrets pour ramener le regard vers ici et maintenant :

  • Le journal de gratitude : Trois petites choses chaque soir pour lesquelles tu es reconnaissante. Ça t’oblige à scanner ta journée pour y repérer du positif, même quand tout part en cacahuète.
  • La pleine conscience : Manger un carré de chocolat, en fermant les yeux. Sentir, croquer, goûter. Ne pas scroller en même temps (oui, c’est dur). Juste être là.
  • Limiter l’exposition aux “déclencheurs” : Faire un tri dans ses playlists, ses réseaux, ses objets. Tu ne peux pas guérir si tu continues à t’infliger des rappels douloureux.

Vivre dans le présent ne veut pas dire renier son passé. C’est juste laisser sa place au bonheur ici et maintenant.

Offrir un nouveau sens à ce qu’on a vécu

Et si ce passé qu’on traîne, on apprenait à le regarder autrement ? Non pas comme cette vilaine cicatrice qu’il faut cacher, mais comme une marque de vie, une preuve qu’on a traversé.

Un jour, après une rupture amicale qui m’avait laissée vidée, une coach m’avait dit cette phrase : “Et si cette douleur t’avait préparée à mieux choisir tes relations ?” Ça a fait tilt. Depuis, je regarde mes échecs comme des apprentissages déguisés. Pas du développement personnel à paillettes, non. Des leçons concrètes, utiles.

Écrire, témoigner, en parler, c’est aussi une manière de transformer l’expérience. De s’en faire une alliée plutôt qu’une ennemie. Certaines femmes trouvent du sens en aidant d’autres à travers leurs témoignages, d’autres en créant, en militant, en s’engageant dans de nouveaux projets. Le sens, on le crée. Et c’est sacrément libérateur.

S’entourer des bonnes personnes

Non, tu n’as pas à porter ça seule. Même si tu es forte, même si tu as “géré” toute ta vie. Parfois, une oreille bienveillante fait toute la différence. Ce peut être une amie, une sœur, une thérapeute ou même une communauté en ligne.

Attention cependant aux “bons conseils” déguisés qui minimisent : “T’as qu’à tourner la page”, “Tu devrais déjà avoir oublié”. Non, tu n’as pas de date de péremption émotionnelle. Choisis les gens qui valident ce que tu ressens, sans dramatisation mais sans jugement. Ce sont ces relations qui nous permettent de respirer à nouveau.

Installer de nouveaux repères

Quand on veut se libérer du passé, on a besoin de remplir l’espace avec autre chose. Le vide est parfois plus douloureux que le souvenir lui-même. C’est ici que la routine, les projets, les petits plaisirs entrent en scène.

Tu peux :

  • Commencer une activité artistique (même si tu penses être nulle, justement)
  • Changer ta déco pour respirer un nouvel univers
  • Planifier un week-end en solo dans une ville inconnue

Chez moi, ça a été une initiation à la poterie. Rien à voir avec ma vie d’avant. Mais mettre les mains dans la terre, créer, casser, recommencer… C’était la métaphore parfaite de ce renouveau que j’appelais depuis longtemps.

Donner du temps au temps (en vrai)

Oui, on le sait, c’est le conseil le plus cliché. Mais il est vrai. On ne force pas le deuil d’un souvenir, on l’accompagne. Avec douceur. Avec patience. Parfois, on recule, on croit être guérie et boum, une vague revient. C’est normal. Le passé n’est pas un interrupteur, c’est une matière vivante.

Alors sois douce avec toi. Si aujourd’hui tu repenses à lui, à ça, à cette période, ce n’est pas parce que tu es faible. C’est parce que tu es humaine. Et chaque jour, malgré toi, tu avances déjà un peu.

Et si tu as déjà ouvert la porte de ce processus, bravo. Car le courage, ce n’est pas d’avoir tout oublié. C’est de regarder le passé droit dans les yeux… et de choisir, encore et encore, de construire un présent qui te ressemble.

By Lola